Les humeurs de papa

Maman par-ci, maman par-là… et papa dans tout ça ?

Aucun doute, c'est maman qui fait le plus gros du boulot pendant 9 mois. Mais si on veut tendre vers l'égalité des sexes, la place du père dans la grossesse mérite aussi d'être évoquée...

Aucun doute, c’est maman qui fait le plus gros du boulot pendant 9 mois. Mais si on veut tendre vers l’égalité des sexes, la place du père dans la grossesse mérite aussi d’être évoquée.

Évidemment, c’est la future maman qui va porter les enfants dans son ventre. J’en comprends l’impact physique et psychologique. Mais jusqu’alors, nous avions fait le choix de devenir parents ensemble et nous partageons la même vision de la parentalité, équitable et juste. Sauf que dès le départ, j’ai réalisé que les beaux principes allaient être vite balayés par une autre réalité.

Le point de départ de cette réflexion a eu lieu lors du premier rendez-vous à l’hôpital. Laura était à peine enceinte et nous étions encore secoués par la nouvelle des triplés. En arrivant à l’accueil, il faut entamer les démarches administratives avec la secrétaire médicale, sauf que devant son bureau, il n’y a… qu’une seule chaise !

Monsieur attendra donc quelques mètres plus loin que Madame termine.

« L’espace d’un instant, je me suis senti exclu de la grossesse. »

Une fois enregistrée, direction la première échographie. Le médecin qui nous a reçu était aussi chef de service, un praticien expérimenté et déjà confronté aux grossesses multiples. Aussi sympathique et pédagogue fut-il, j’ai été surpris de voir que pendant toute l’entrevue, il s’est adressé quasi-exclusivement à la future maman. L’espace d’un instant, je me suis senti complètement exclu de cette grossesse. C’était peut-être une exception à ce que vivent habituellement les pères, mais ça n’en a pas moins été désagréable à vivre sur le moment.

J’imagine qu’il y a sûrement des raisons à tout cela. Scientifiques bien sûr, et puis toutes les grossesses ne sont pas forcément voulues, tous les couples ne partagent pas forcément la même vision de la parentalité et il vaut parfois mieux que certains futurs pères soient le plus éloignés de tout ça. Mais pour nous, couple amoureux et engagé dans une première grossesse souhaitée, ça m’a fait bizarre. D’autant qu’il y a déjà suffisamment de freins naturels difficiles à contourner…

« Quoiqu’il arrive, on sait qu’on partira avec 9 mois de retard »

Ne pas ressentir les bébés dans son corps, c’est une barrière indéniable ! On a beau toucher le ventre ou lui parler, la réaction ponctuelle des petits coups reste éphémère et frustrante. Quoiqu’il arrive, on sait qu’on partira avec 9 mois de retard par rapport à la maman sur le plan affectif. Et ce n’est pas l’après qui change la donne, entre l’accouchement, l’allaitement et le congé paternité de seulement de 11 jours (ou 18 dans le cas d’une grossesse multiple). Mais on reparlera de cette absurdité plus tard. 😉

Du coup, le cercle vicieux se met rapidement en place. Puisque la maman vit les choses et que le corps médical ou l’État conforte cette position, la représentation médiatique de la femme-mère devient omniprésente, laissant peu de place à l’homme-père. Sans aller jusqu’à revendiquer un sexisme à l’envers, c’est intéressant de souvent voir des publicités où c’est maman qui change les couches, qui donne à manger ou qui fait des câlins. Certainement parce que c’est le cas, puisque 98% des femmes assurent le rôle de maman au foyer. Mais est-ce vraiment par choix ? Quelle serait la proportion de pères au foyer si les dispositions légales permettaient ce changement ? Si les salaires étaient équivalents ? Si le congé maternité était le même pour les 2 parents, réduisant en partie la discrimination à l’embauche ?

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Parce que ce décalage qui se construit au début avec l’enfant n’est pas évident à rattraper pour tous, laissant chez certains des cicatrices évidentes. Bref, le rôle du père dans le couple et la société est souvent mis à mal par les études liées à la répartition des tâches ménagères et à la charge mentale, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’une meilleure considération dès le début de la grossesse pourrait (peut-être) aider à faire (un peu) changer les choses. La barrière naturelle est déjà tellement forte, si en plus on n’aide pas un peu… Et ça pourrait commencer par un rien. Une seconde chaise devant chaque secrétariat du service maternité par exemple ?

by Papa Triplés du Bonheur

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