L'annonce

L’annonce aux parents de Laura

Une fois la nouvelle digérée [si tant est qu’on puisse vraiment encaisser ce genre de nouvelle], une question s’est vite confrontée à nous : comment l’annoncer aux parents ? Premiers à avoir appris la nouvelle en face-à-face : les parents de Laura.

Dans notre petit monde idéal, on s’attendait à avoir un seul bébé. Nous avions donc déjà prévu d’attendre les 3 mois, après l’écho du premier trimestre, histoire de pouvoir faire une belle annonce surprise en sachant que tout allait bien. Mais là, le petit monde idéal s’est transformé en univers de l’inconnu… Vous imaginez bien qu’après un tel choc, les nuits sont difficiles. Impossible de ne pas y penser à chaque instant, avec des millions de questions en tête : « Est-ce qu’on garde les 3 ? » ; « Si oui, est-ce que les 3 iront bien ? » ; « Est-ce qu’on y arrivera ? » ; « Comment on va s’organiser ? » ; « Quelle voiture on va acheter ? » [C’est bien une question de papa ça…] ; « Est-ce qu’on s’en sortira financièrement ? » ; « La maison sera-t-elle assez grande ? »… Bref, rien de tel qu’une annonce de triplés pour te filer une bonne insomnie.

Notre première décision de futurs parents aura été de choisir de l’annoncer à d’actuels parents pour trouver une première réponse à nos questions. Et parce qu’il s’agit d’une nouvelle de niveau 10 sur notre échelle de Richter, impossible d’en parler par téléphone ou SMS. A l’approche du week-end de la Fête des Mères, ce sont donc les parents de Laura qui allaient vivre le tremblement de terre en premier. Petit bonus : la présence du frère et de la sœur de Laura avec leur moitié et les enfants. La totale.

« Une bonne fête à toutes les mamans. »

Avant d’arriver, nous nous sommes mis d’accord pour aborder le sujet dès l’apéro. Impossible d’attendre plus longtemps de toute façon. Trop de stress, de nervosité et d’impatience. Et puis on avait cogité trop longtemps, entre le « Comment allaient-ils prendre la nouvelle ? » et le « Allaient-ils nous dissuader de garder les 3 ? » Il fallait juste avoir en tête d’évoquer tous les risques potentiels pour ne pas s’enflammer. A posteriori, tout semble simple et logique. Mais avant ce moment où Laura a pris la parole, on s’attendait à tout. Imaginez : nous allions être les premiers de l’histoire de sa famille à annoncer une telle nouvelle.

« Une bonne fête à toutes les mamans », lance le père de Laura en levant son verre, avant d’ajouter : « Et aux futures mamans ? », en la regardant. Prise par l’émotion, elle confirme ce qui n’était [on l’apprendra après coup] qu’une simple phrase sans sous-entendu. « Comme vous l’avez peut-être compris, la famille va s’agrandir ! », annonce-t-elle. Alors qu’un sourire se dessine immédiatement sur les visages autour de la table, je viens casser l’ambiance. « Mais il y a quelque chose que l’on doit vous dire. Il faut prendre ce qui va suivre avec beaucoup de recul parce qu’on ne sait pas comment les choses vont tourner ». Comme vous l’imaginez, les sourires ont vite laissé place à des mines circonspectes. Mais j’enchaîne, les mains tremblantes.

Le bug total des parents

« En fait, il n’y a pas qu’un seul bébé. » Boom. Première secousse. Les visages s’allongent. Certains se remettent à sourire, d’autres restent bloqués. « Et il n’y en pas que deux. » Boom. Deuxième secousse. Il n’y a alors plus aucune harmonie dans les réactions. Certains comprennent immédiatement ce que l’on est en train d’annoncer. D’autres non. Rire nerveux. Sourire d’incompréhension. Visage bloqué. Quand on y repense, c’était une scène digne d’un film. Quel dommage de ne pas avoir capturé ce moment !

« Nous attendons des triplés ! » Voilà, c’est dit. L’onde de choc est lancée et atteint chacun avec une intensité différente. Immédiatement, la sœur de Laura se lève et vient nous embrasser, sourire jusqu’aux oreilles et larmes aux yeux. Son frère et sa compagne suivent, dans le même état. Quant à ses parents, c’est sûrement le moment le plus drôle quand on y repense. Son père a complètement bloqué. Mais vraiment. Comme un ordinateur qui plante. Et sa mère, de répéter en boucle dans un rire nerveux [bouchez-vous les oreilles les enfants !] : « Bah merde alors ! »« Bah merde alors ! »

Une fois la tension retombée et la nouvelle encaissée par tout le monde, vient le temps de la discussion. Et des premières réponses à nos questions. Oui, ils ont accepté cette nouvelle. Oui, ils nous soutiendront qu’importe notre décision. Oui, ils sauront sacrifier certains moments de vie pour venir nous aider dans les moments compliqués. Oui, ils nous aiment. Finalement, cette annonce que l’on redoutait un peu a été le début de tout. Recevoir autant d’amour et de soutien d’un coup, ça nous a conforté dans l’idée qu’il fallait tenter l’aventure. Que l’on pouvait accomplir ce qui nous semblait encore impossible il y a quelques jours. Mieux, cela nous a persuadé que notre monde idéal ne serait plus d’avoir qu’un seul bébé, mais d’avoir des triplés. Ne restait plus qu’à confirmer tout cela avec les parents d’Alex…

by Les Triplés du Bonheur

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